Bref historique
 

Municipalité de Saint-Marc-sur-Richelieu

 

par Georges BELLEMARE

 

Le territoire:

 

Le nom officiel, Saint-Marc-sur-Richelieu , à été adopté en 1980 et a remplacé la dénomination de Saint-Marc de Cournoyer utilisée depuis 1855, date de l'incorporation civile de la seigneurie de Cournoyer. Avant 1855, ce sol était appelé couramment et désigné dans les documents sous le nom de seigneurie de Cournoyer ou simplement Cournoyer .

 

Le territoire de Saint-Marc est une partie du Jardin du Québec composé des terres fertiles de la vallée du Richelieu. Un fief est concédé au nom de Louis XIV par le gouverneur général de la Nouvelle-France Louis Buade, comte de Frontenac, à Québec le 1 er mars 1695, au sieur Jacques Hertel de Cournoyer. Cette seigneurie de deux lieues de front par deux lieues de profondeur voisine à l'ouest, le fief de Verchères; au nord, celle de Contrecoeur; à l'est, longe le Richelieu et la seigneurie de Saint-François-Le-Neuf – Saint-Charles-sur-Richelieu – et au sud, côtoie la seigneurie de Beloeil.

 

Les limites du territoire sont modifiées en 1860 par l'annexion d'une partie des terres de Beloeil jouxtant la branche nord du Grand Ruisseau de Beloeil. Puis elles sont amputées, en 1921, d'une partie de ses terres boisées lors de la création de la municipalité de Saint-Amable.

 

Le sol très fertile repose sur un sous-sol argileux de teinte bleutée. On y trouve aussi des nappes souterraines d'eau salée provenant de l'ancienne mer de Champlain et la présence d'un peu de pétrole.

 

Concessions et défrichement:

 

Le seigneur Jacques Hertel de Cournoyer, officier de la marine, occupé par la guerre avec les Amérindiens ne pourra concéder de terre en sa seigneurie qu'à compter de 1726.

 

En 1665, 1666 et 1667, la vallée du Richelieu est balisée par une série de forts construits sur les ordres du lieutenant général Alexandre Prouville, marquis de Tracy, par les troupes du régiment de Carignan-Salières afin de neutraliser les Agniers (Mohawks de leur nom anglais) utilisant le Richelieu pour attaquer les colons de la grande région de Montréal. À la fin du XVII ème siècle et au début du siècle suivant, le problème est toujours d'actualité. La construction, cette fois en pierre, du fort de Chambly, entreprise en 1710, va apporter enfin la paix dans la vallée du Richelieu et permettre l'implantation de nouveaux colons et l'exploitation des terres des seigneuries.

Tout porte à croire que le fort de l'Assomption, bâti en 1666 par les troupes du régiment de Carignan-Salières, a été élevé sur les terres actuelles de Saint-Marc-sur-Richelieu. Des fouilles archéologiques déjà entreprises devraient en apporter la confirmation.

 

De 1726 à 1729, quelques terres sont concédées à Cournoyer, mais encore très peu de colons y résident. À compter de 1730, de nouveaux défricheurs ayant reçu des concessions, commencent à les déboiser et à s'y installer à demeure. Au nombre des premiers habitants nous retrouvons le nom des Chicoine, Foisy, Decelle, Loiselle, Beaudry, Lavallée, Jeannotte-Lachapelle, Bissonnette, Tétro-Ducharme, dont plusieurs ont encore des descendants à Saint-Marc.

 

Quelques seigneurs de Cournoyer :

 

Le premier seigneur de Cournoyer, Jacques Hertel de Cournoyer, né à Trois-Rivières le 19 mars 1667, est le fils de François Hertel de la Fresnière , seigneur de Chambly, et de Marguerite Tavenot. À l'âge de 26 ans il épouse à Trois-Rivières, le 26 novembre 1691, Marguerite-Thérèse Godefroy, fille de Michel Godefroy, sieur de Lintôt et de Perrine Picoté.

 

François Hertel de la Fresnière est ce jeune héros qui, fait prisonnier par les Iroquois a eu le pouce gauche coupé durant sa captivité. C'est lui aussi qui obtient de Louis XV, en 1716, des Lettres de Noblesse pour lui et toute sa descendance.

 

Durant le règne du premier seigneur de Cournoyer, des terres sont concédées premièrement à la Biausse – aujourd'hui faisant partie de la municipalité de Calixa-Lavallée – puis ce sont toutes les terres le long du Richelieu. En 1740, ce sont celles de la deuxième concession situées à trente arpents de la rivière, connue sous le nom de rang des Trente. Jacques Hertel de Cournoyer donne au docteur Thimotée Sylvain, en 1733, un arrière-fief connu sous le nom de fief Sylvain et se situant au Coin-Rond. Sylvain avait épousé Marie-Renée Gauthier de Varennes, veuve de Christophe Dufrost de la Jemmerays.

 

Jacques Hertel de Cournoyer meurt à Trois-Rivières le 4 septembre 1748 à l'âge de 81 ans. Le deuxième seigneur, pour quelques mois seulement, est son fils aîné Michel, juge à l'île Royale – île du Cap-Breton – Il y décède en avril 1749. Le troisième seigneur de Cournoyer est Joseph, un autre fils de Jacques, qui prend aussi le titre de sieur de la Fresnière , titre lui revenant par droit de succession. En 1751 est concédée la très grande majorité des terres des rangs des Soixante et des Quatorze. Joseph fait construire le moulin banal dans sa seigneurie en 1766. Il meurt à Trois-Rivières, le 20 novembre 1768. Le quatrième seigneur est le frère du précédent, Jacques-Lambert Hertel de Cournoyer. Il cède, en 1770, la seigneurie à son beau-frère François de Bellefeuille.

 

Le huitième seigneur de Cournoyer est Joseph Toussant Drolet qui en fait l'acquisition en 1825. C'est le premier seigneur à être né à Cournoyer et à habiter dans sa seigneurie. Sa très grande maison devient le manoir seigneurial. Député de Verchères à Québec, capitaine de milice puis major, il s'implique activement dans le Parti des Patriotes en 1837. Sa tête est mise à prix pour la somme de 500 livres le 29 novembre 1837. Il meurt en son manoir à Saint-Marc, le 2 novembre 1838, à l'âge de 52 ans. Son corps est inhumé sous l'église.

 

La seigneurie passe en 1841 aux mains de Pierre Dominique Bartzch dit Debartzch et de sa famille, puis en 1850, au notaire John Fraser de Berry, originaire de Rivière-du-Loup. Il est aussi Conseiller législatif à Québec. C'est sous son règne que le régime seigneurial est aboli. Il devient le premier maire de la municipalité de Saint-Marc. Les derniers seigneurs de Cournoyer, de 1879 à 1941, sont Isidore Raynaud-Blanchard et sa descendance. Sa belle-fille, Virginie Raynaud-Blanchard, épouse d'Étienne, étant devenue la cinquième seigneuresse et la dix-huitième de la suite des seigneurs, donne en 1920, un emplacement pour y construire un couvent, aujourd'hui l'école.

 

Quelques services:

 

Depuis au moins 1814, un service de traversier relie Saint-Marc à Saint-Charles.

Le plus vieux qui est celui du village, initiative du seigneur Joseph Toussaint Drolet qui était aussi négociant. Le quai Vary, situé au Coin-Rond, bâti vers 1879 par des particuliers, est donné au Gouvernement fédéral en 1902. Ce dernier l'a cédé à la Municipalité de Saint-Marc, en 1995, tout comme celui du village.

Le premier réseau d'aqueduc est installé au village en 1888 sous l'initiative de Clovis Sénécal.

Le premier service de téléphone remonte à 1895 et se nommait Ligne Blanchard .

L'éclairage au gaz son apparition au village en 1907 et l'électricité en 1925.

Les bureaux actuels de la Municipalité , le service d'incendie et la bibliothèque ont été inaugurés le 7 juillet 1991.

 

Quelques personnalités :

 

Le premier médecin et aussi le premier notaire à résider à Saint-Marc est le chirurgien Dominique Mondelet, installé à Cournoyer dès 1763.

Son fils, Jean-Marie Mondelet débute sa carrière de notaire à Saint-Marc en 1794. Il sera juge de paix, député à Québec, magistrat de police et coroner à Montréal.

Dominique Mondelet, petit-fils du chirurgien et fils de Jean-Marie est né à Saint-Marc en 1799. Avocat, il est nommé commissaire pour étudier le régime pénitentiaire aux États-Unis. Il est promu juge à la Cour de Trois-Rivières en 1842.

 

Son frère Charles Mondelet, est baptisé à Saint-Marc, en 1801. Avocat lui aussi, il est employé par la commission astronomique pour établir la frontière entre le Canada et les États -Unis. Il est nommé juge en 1850, à la Cour Supérieure.

 

À la bataille des Patriotes à Saint-Charles le 25 novembre 1837, neuf Cournoyens y trouvent la mort. Leurs noms sont inscrit sur la plaque commémorative fixée au monument érigé en leur honneur en 1987, vis-à-vis du presbytère, presqu'en face du champ de bataille à Saint-Charles.

 

Natifs de Cournoyer, Joseph Jeannotte-Lachapelle et Jean-Baptiste Bougrette-Dufort sont promus au grade de capitaine de milice au début du XIX ème siècle. Un ancien apprenti de Louis Quévillon, Jérôme Pépin, sculpteur, ayant épousé en 1822 la Cournoyenne Brigitte Leroux, s'installe à Saint-Marc.

 

Au XX ème siècle, les rouets fabriqués par François Borduas atteignent une renommée à travers tout le Québec et même en Ontario.  Léonide Perron, natif de Saint-Marc, élu député de Verchères, devient ministre de l'Agriculture. L'imprimeur Pierre Des Marais, ancien président du Comité exécutif de la ville de Montréal y possède sa résidence estivale. Pacifique Plante, chef de l'escouade de la moralité de la ville de Montréal y construit sa maison. Saint-Marc a attiré nombre de gens de lettres, de théâtre et d'artistes. Au début des années 50, la dramaturge Françoise Loranger s'y fixe et y rédige la grande majorité de son œuvre littéraire. Son mari l'architecte Jean Michaud dessine les plans de l'école de Saint-Marc, inaugurée en 1969. Ont résidé à Saint-Marc, la grande comédienne Denise Pelletier, les écrivains Réal Benoit, Marcel Dubé et Réginald Boisvert; l'animateur et biologiste Fernand Séguin. Le céramiste Jacques Garnier y démarre sa fabrique de poterie L'Argile vivante avant de s'installer au Ruisseau de Beloeil. (mai 2008)

 

- Saint-Marc-sur-Richelieu 1792-1992

- Découverte sur le Richelieu du fort de l'Assomption (1666)

- Archives de l'auteur, membre de la Société d'histoire de Cournoyer

 

 

 

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